L'amitié charrie son lot de surprises et de découvertes.
Quelque soient les hauteurs atteintes, le vol de l'amitié redescendra tôt ou tard.
Faut-il rester contemplatif devant la béatitude des sommets et croire qu'ils seront éternels?
Faut-il se retirer du jeu avant la descente aux enfers?
Faut-il conserver intact ses souvenirs par peur de l'autodestruction programmée?
Pourquoi la déception l'emporte sur les quelques instants d'empathie?
Pourquoi subir une éternité pour des petits riens éphémères si parfaits?
Pourquoi la chute brise la montagne dans son élan et ne laisse qu'une saveur amère?
Pourquoi seules les souffrances sont gravées au fond des coeurs?
Pourquoi après avoir saisi la quintessence et la certitude de l'amitié, le trouble recouvre tout de son brouillard inhumain, ou plutôt trop ... humain?
Pourquoi la trahison et l'incompréhension suivent le corbillard de la perfection de leurs pas lents et inexorables?
Puisque que l'homme sera toujours seul au fond de son âme, l'idée utopique de croire en une symbiose spirituelle idéale ne peut que le décevoir au plus profond de lui-même. La fuite n'est qu'un lâche moyen égoïste pourtant si salvateur. Peut-être aussi que l'idée d'amitié ne définie pas en elle-même une approche de sa propre complétude, si bien que, comme l'a dit le poète, la seule alternative possible est l'altération suprême: l'amour.
Si l'amitié n'existe pas et l'amour si inaccessible, si unique, comment envisager les relations humaines d'une manière moins triste et moins restreinte?
Doit-on alors repenser ses attentes au prix d'une saveur fade, certes plus facilement saisissable, mais dont les dimensions apportent peu à l'embrasement personnel et social?
Quel dilemme insoutenable quand il faut choisir entre croire en une chimère ou faire dans la demi-mesure? Parce que certains choix ne se font pas seul, instruisez-moi, mes amis, sur ce jeu de dupe qui me dépasse par bien des points.
publié par Spoil
